Le Tchad est classé 190ème sur 191 pays en termes de développement humain (PNUD, 2021). Du fait des discriminations de genre, les femmes et les filles sont particulièrement impactées et font face à de nombreuses barrières dans l’accès à leurs droits fondamentaux et à des services de base. Ainsi, le taux de mortalité infantile est de 67 pour 1000 naissances, soit l’un des plus élevés au monde, et le taux d’alphabétisation est de 14% pour les femmes contre 31% pour les hommes. Le très faible accès à l’éducation couplé aux difficultés socio-économiques ne permet pas aux filles et aux femmes de développer leurs capacités d’agir (économiques, politiques, sociales, et intérieures …)”.

Le projet « Révéler le potentiel des adolescentes tchadiennes » a donc pour objectif de favoriser l’émancipation et l’amélioration des conditions de vie des femmes tchadiennes par deux moyens :

  • Créer les conditions favorables à l’éducation et à l’expression du leadership des adolescentes tchadiennes vulnérables grâce à un parcours d’éducation non-formelle inspiré de l’éducation populaire, le « Parcours Citoyen »
  • Faciliter l’accès aux services sociaux essentiels aux femmes tchadiennes vulnérables grâce aux bureaux d’information et d’orientation sociale et professionnelle.

Deux axes complémentaires de la lutte contre les violences faites aux femmes ! Aujourd’hui nous souhaitons faire un zoom sur le Parcours Citoyen.

Des résultats plus qu’encourageants !

En partenariat avec les associations locales partenaires sur le terrain, de nombreuses actions ont pu être menées avec les adolescentes et jeunes femmes. Retour sur les résultats de la première année du projet :

  • 106 filles vulnérables ont terminé un Parcours Citoyen de 5 mois et reçu leur certificat de diplôme !
  • 147 anciennes bénéficiaires du Parcours Citoyen, aujourd’hui réparties dans 5 clubs de jeunes, ont mené des actions de solidarité très variées dans leurs quartiers. Certaines d’entre elles contribuent directement à sensibiliser sur le sujet des violences faites aux femmes ; d’autres contribuent à changer le regard sur leur rôle dans la communauté

Quelques exemples : Plantation d’arbres au sein d’une école, collectes des déchets plastiques pour lutter contre la pollution ; Café d’échanges entre les jeunes sur les objectifs de développement durable ; Formation sur la fabrication des charbons écologiques à base des résidus des papiers ; Prestations artistiques lors des commémorations des journées internationales ; Conférence/débat sur la thématique du leadership féminin et éducation des jeunes filles, lecture d’un poème sur les violences faites aux femmes …

Le succès du projet repose sur l’implication de la famille au sein du parcours et ce dès la phase de mobilisation et d’inscription, puis à travers des sessions d’accompagnement à la parentalité. Sur cette première année de projet, 202 tuteurs ont participé à 5 sessions, permettant d’aborder la parentalité positive à travers les changements liés à l’adolescence, le dialogue et la gestion du conflit au sein du foyer, la répartition des tâches ménagères… et ce afin d’accompagner les changements ayant cours chez l’adolescente grâce au Parcours Citoyen.

L’impact du Parcours Citoyen sur leur comportement a été souligné par les animateur.rices communautaires, en particulier sur leur timidité et leur pouvoir d’agir (prise d’initiative, prise de parole en public, meilleure répartition des tâches au sein du foyer…).

« Une fille était très timide au début. À la fin du PC [nb: Parcours Citoyen], tout avait changé : elle se présentait dans des scènes de théâtre, de danse, et est devenue l’une des plus brillantes. » Un animateur au Tchad

Sur la première année du projet, les 147 anciennes participantes du Parcours Citoyen et les 112 adolescentes du Parcours Citoyen ont ainsi sensibilisé 1 811 habitants de N’Djamena à des thématiques correspondant aux besoins des femmes de la communauté (sensibilisation à la santé, droits des femmes, violences basées sur le genre…).

Ce qui a changé en moi, c’est le respect des autres, je ne sors pas sans demander la permission, j’ai une connaissance sur les droits et devoirs de l’enfant, les méthodes contraceptives et la culture de la paix. J’ai découvert de grandes institutions, comme le musée national. Aujourd’hui je veux prendre des cours en informatique et me former en couture. Le Parcours Citoyen est un cadre qui ouvre l’esprit, oriente et apporte un changement de comportement vis-à-vis de la communauté.

Fatimé, 15 ans.

Répondre à l’enjeu d’autonomisation des partenaires locaux : un objectif transversal du projet

ESSOR souhaite également renforcer les partenaires du projet afin d’assurer la pérennité des activités :

  • Transférer les méthodologies du Parcours Citoyen aux acteurs locaux en formant les animateur/rices communautaires, acteurs et actrices clés du projet, avec un objectif de certification en collaboration avec les pouvoirs publics.
  • Renforcer les Organisations de la Société Civile sur des aspects institutionnels, de gestion de projet et de recherche de financements.

Dans une famille, où il y a un garçon et fille, le père est menuisier. Le garçon aide son père à travailler. La fille voulait aussi l’aider mais son père a refusé. A l’atelier genre du PC [nb : Parcours Citoyen], il a été dit que les femmes peuvent faire les mêmes professions que les hommes. La fille a partagé l’information avec son frère et sa mère, et le père a demandé une rencontre avec ESSOR. On y est allé et on lui a expliqué l’atelier genre. Si une femme peut devenir présidente, elle doit aussi pouvoir travailler dans la menuiserie. Maintenant la fille travaille avec son père et elle fabrique des meubles. » Membre de l’équipe Éducation d’ESSOR au Tchad.

Membre de l’équipe Éducation d’ESSOR au Tchad

Ce projet est soutenu par la @Fondation RAJA-Danièle Marcovici, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Un grand merci pour son appui et implication !

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